Le marché français des Eaux, Soft Drinks et Jus de Fruits en CHD se montre très tonique depuis 2001
Le marché des boissons rafraîchissantes a connu une croissance en volume de 4,5% par an depuis 2001 et a atteint le niveau de 2,02 milliards de litres en 2005, ce qui représente en moyenne une consommation de 25 cl par prestation consommée hors domicile. Avec un niveau record en 2003 dû aux fortes chaleurs de l'été, ce marché a tout de même réussi à afficher une croissance de 5% au cours des 2 dernières années. Ce succès des boissons rafraîchissantes en CHD profite essentiellement aux eaux minérales et aux eaux de source, dont la consommation a progressé de 38% depuis 2001. En revanche, si les jus de fruits jouissant d'une image santé positive accusent une progression de 5,5%, les soft drinks, montrés du doigt pour leur forte teneur en sucre gagnent péniblement 5% depuis 2001, mais régressent de 3% depuis 2003.
Sur un plan qualitatif, les évolutions mettent en évidence les préoccupations santé du consommateur, mais aussi la perception de prix jugés excessifs par la majorité des clients:
- forte progression des ventes d'eaux de source (format 50 cl, format 150 cl et fontaine) qui représentent près de 53% des volumes d'eaux consommées en 2005 (contre 46% en 2001)
- progression soutenue des jus de fruits ABC en brique carton 100 cl dans les collectivités, mais aussi dans certains segments de la restauration commerciale
- explosion des ventes de soft light (principalement les colas) qui représentent 11% des volumes consommés en 2005 (contre 6,5% en 2003).
Sur un plan sectoriel, les tendances observées dans les précédentes recherches se confirment:
- la restauration moderne (fast food, cafétéria, transports, vente à emporter, distribution automatique) est le premier secteur de consommation (40% du volume total) et enregistre une croissance de 5% depuis 2003 malgré les mesures législatives affectant la distribution automatique dans le secteur scolaire
- le CHR traditionnel, dont les fermetures d'établissements se poursuivent à un rythme soutenu, représente un petit tiers du marché et recule de 2% depuis 2003. L'une des explications de ce déclin réside dans une politique tarifaire des exploitants décalée par rapport au pouvoir d'achat des consommateurs
- les collectivités affichent une santé éclatante et leur demande a progressé de 13% depuis 2003: la canicule a poussé les gérants à offrir davantage de boissons rafraîchissantes dans les secteurs sanitaires et sociaux, mais aussi scolaires (eau de source, jus de fruits, boissons aux fruits, fontaines d'eau).
Au cours des dernières années, les conditionnements des boissons rafraîchissantes à destination de la CHD ont fortement évolué:
- les petits conditionnements (de 10 à 50 cl) ont progressé de 3,5% entre 2003 et 2005, et les emballages gagnants ont été le PET 50 cl (eaux et soft drinks), la boîte 33 cl (soft drinks et jus de fruits), le PET 33 cl (jus de fruits). En revanche, les emballages verre (20, 25 et 33 cl) sont en net recul en raison d'une baisse des ventes du secteur CHR et de la disparition progressive des emballages consignés
- les grands conditionnements (de 75 à 200 cl) ont fortement progressé (+ 16% entre 2003 et 2005), notamment le PET 150 cl (eaux de source et soft drinks) et la brique 100 cl (jus de fruits). Le succès des emballages grand format découle d'une demande croissante des collectivités, mais aussi du développement des ventes dans les stations-service, et d'achats plus importants de l'hôtellerie
- les emballages pour utilisation en DISPENSER (boîtes, BIB et bonbonnes) affichent un recul de 6% entre 2003 et 2005: recul des boîtes et BIB de concentrés de jus de fruits dans l'hôtellerie et le fast-food, forte baisse des BIB de sirops de soft drinks (tous secteurs, avec un retour à la gestion unitaire des conditionnements individuels). Seules les bonbonnes destinées aux fontaines d'eau affichent une progression de 11% sur cette période, mais connaissent toutefois un ralentissement après le formidable développement de la décennie 1992-2002, en raison de la concurrence des fontaines sur réseau.
Les marques en présence appartiennent à des groupes mondiaux et européens, avec peu d'acteurs transversaux (présence sur les eaux + les soft drinks + les jus de fruits). La puissance des marques favorise la prise de parts de marché, mais la taille des groupes en présence ne permet pas d'envisager des gains importants à moyen terme:
- en 2005, 8 groupes détiennent 83,5% du marché CHD des boissons rafraîchissantes, avec un gain de 1 point depuis 2003. COCA COLA, le seul acteur transversal, détient un peu plus du quart du marché, avec une position majeure sur les soft drinks (PDM > 60%), mais une PDM mineure sur les eaux avec l'arrivée de CHAUDFONTAINE en 2005 dans les circuits de vente alternatifs et la DA
- En 2005, les 3 spécialistes des eaux embouteillées détiennent ensemble un peu moins de 45% du marché total des BRSA, avec un bouleversement des positions: NEPTUNE, grand spécialiste des eaux de source avec sa marque CRISTALINE, a doublé pour la première fois NESTLÉ WATERS et DANONE EAUX, dont les marques d'eaux minérales souffrent face à une demande clientèle orientée vers le prix
- en 2005, les autres acteurs des segments soft drinks et jus de fruits détiennent ensemble un peu moins de 15% du marché: ORANGINA-SCHWEPPES, LIPTON-UNILEVER, ECKES-GRANINI et PEPSICO, dont les volumes commercialisés ont stagné depuis 2003.
A l'horizon 2007, le marché des boissons rafraîchissantes en CHD devrait gagner environ 3% en volume, l'essentiel de la progression provenant d'une demande croissante pour les eaux de source (en 50 cl, 150 cl et en bonbonne). En revanche, il faut s'attendre à une faible croissance des ventes de soft drinks (problème d'image santé) et d'une demande continue pour les jus de fruits servis principalement au petit-déjeuner. La demande des collectivités restera très dynamique (eaux et jus de fruits), tandis que la restauration moderne va s'essouffler (saturation du secteur fast-food et problème en distribution automatique) et que le CHR accusera encore un recul estimé à 1%. Et ce sont les grands conditionnements qui sortiront vainqueurs de cette évolution prévisible. Quant à la position des leaders, elle devrait évoluer positivement pour NEPTUNE, NESTLÉ WATERS, ECKES-GRANINI, mais le leader COCA COLA, s'il ne rentre pas agressivement sur le segment des eaux, devrait voir sa part de marché reculer à environ 25% du marché total. Reste que la météo (canicule de 2003 et peut-être en 2006) pourrait devenir un allié structurel à une croissance de la consommation des BRSA…
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