La fabrication de bière est un secteur de l'agro-alimentaire qui passionne chaque année de nouveaux investisseurs, des agriculteurs en reconversion, des retraités, et aussi des étrangers qui viennent s'installer en France.
La dernière enquête recense 371 brasseries de toutes tailles en 2010, la balance créations-disparitions représentant 57 nouvelles entreprises. Toutes les régions de France profitent de cet engouement pour la brasserie, avec le Nord, la Bretagne, Rhône-Alpes très dynamiques pour les nouveaux arrivants.
Alors que l'année 2009 s'était soldé par une stagnation de la production, l'année 2010 est un bon millésime grâce à une croissance de 3,1% des volumes écoulés, atteignant le niveau de 17,4 mhl pour un chiffre d'affaires légèrement supérieur à 2,6 mrds € HT (+3,2%).
Le moteur de la croissance d'activité a reposé sur les exportations qui ont explosé de 43%: la demande des pays de la Communauté Européenne a progressé de plus de 1,1 mhl et émane de tous les principaux pays consommateurs (Allemagne, Belgique, Espagne, Ialie, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni).
En revanche, le demande des pays hors Europe recule de 30% avec une chute des exportations vers l'Afrique Centrale.
Compte tenu de la politique de sourcing pratiquée par les 2 leaders de la brasserie française, les livraisons en France des 371 brasseurs ont chuté de 2,5% pour se situer au niveau de 15 mhl en 2010.
Sur la base des données concernant la production française et le commerce extérieur, le marché apparent de la bière en France est au niveau de 20,75 mhl en 2010, en progression de 1% sur 2009, composé pour 68,5% de bières d'origine française et pour 31,5% de bières étrangères
Compte tenu des stocks de fonctionnement dans la chaîne de distribution – brasseries, importateurs, plates-formes des entrepositaires et sous-dépôts, plates-formes de la grande distribution – GIRA Foodservice estime que la consommation française a atteint 19,4 mhl en 2010, niveau stable par rapport à 2009:
Pour un brasseur, pas de réussite possible en CHD sans une gamme de bières en fût (BAVARIA est sans doute le meilleur contre-exemple à cette affirmation), puisqu'en 2010 le fût représente 80% des volumes écoulés (près de 4,4 mhl).
Lui aussi s'inscrit sur un trend négatif (-2,9% en 2010) qui affecte essentiellement les bières blondes.
Quand la demande s'effondre de 6% sur les blondes "classiques" (Kronenbourg, Amstel, Stella Artois), elle recule aussi de 2,5% pour les blondes "premium" (1664, Heineken), mais elle s'envole pour les bières de spécialités à +9%.
Dans ce contexte de chute de la consommation, c'est le fût de 50 litres qui s'effondre (-20%) alors que les fûts de petite taille (5-6 litres) explosent et que les fûts de 10 à 20 litres enregistrent une croissance soutenue en bières de spécialités.
En CHD, la consommation des boissons alcoolisées n'a plus les faveurs du convive / client, et les pouvoirs publics ont mis beaucoup de moyen pour dissuader le client de prendre "le petit verre de trop" !
Que ce soient les apéritifs au bistro ou au restaurant, les vins pendant les repas, les bières comme boissons désaltérantes/rafraîchissantes, les digestifs en fin de soirée, toutes les boissons s'inscrivent sur une tendance décroissante.
La bière n'échappe pas à ce phénomène et paie même le prix fort de ce déclin avec la fermeture de nombreux bistros, la disparition des cols bleus, les prix excessifs pratiqués dans de nombreux établissements.
Concernant le segment de la bière en fût, le déclin sera probablement moins accentué (de l'ordre de 1,5% par an) pour un volume estimé à 4,0 mhl en 2015.
Les brasseurs vont accentuer leur offre de bières de spécialités en fût de petite taille, plus simple d'utilisation et n'exigeant pas des débits importants. Cette demande devrait faire le jeu des brasseries régionales ou artisanales, tandis que les leaders continueront probablement à défendre leurs positions sur les formats traditionnels.
En perspective, et sauf accident conjoncturel (de type canicule), la consommation de bière va continuer de dégringoler sur un rythme moyen de 2 à 2,5% par an en volume. GIRA pronostique que la demande en CHD va passer sous la barre des 5,0 mhl avant 2015.
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